Alors que j'étais encore petite fille,
Mon père a tué mes rêves et mes désirs.
De moi, il s'est joué,
Mes pensées, il a brisées.
Mon corps, il a saigné,
Mes projets, il a effacés.
C'était lui qui contrôlait
La marionnette que pour lui j'étais.
C'était son sexe qui se cachait
Derrière le loup qui m'effrayait.
Il m'a violé,
Il m'a sali,
Il m'a fait mal,
Horriblement mal !
Moi, je n'ai rien compris,
Comment l'aurais-je pu ?
Il disait m'aimer,
Et moi, je l'ai cru.
C'était notre secret,
Il ne fallait pas en parler.
C'était mon papa,
Un papa ne ment pas.
Je l'ai laissé
Me manipuler.
C'était notre secret
Un secret à bien garder,
Un secret ne se partage pas,
Il ne se dévoile pas.
Pas même à maman,
Surtout pas à maman !
« Elle ne nous aimerait plus,
Elle serait déçue,
Elle serait triste à cause de toi,
Elle t'en voudrait à toi !
Ce n'est pas ce que tu veux... »
Qu'est-ce que j'y peux ?
Il me faisait confiance,
Je lui devais obéissance.
Il ne fallait rien dire,
Mais plutôt mentir.
Je les aimais,
Je le croyais !
Combien de temps ça a duré ?
Quand cela s'est-il passé ?
Moi, je n'étais qu'une enfant,
J'ai refoulé bien trop longtemps,
Je n'ai pas de dates à dire
Et aucune preuve à vous fournir,
Que des souvenirs violents.
Je n'avais que 5 ou 6 ans,
Ça a duré jusqu'à 12/13 ans.
La porte de ma chambre s'ouvrait,
Et c'était lui qui venait.
Souvent le soir,
Il faisait noir,
J'étais dans mon lit,
Il disait des mots gentils.
La peur me tétanisait,
Je lui obéissais.
Des fois quand je jouais...
Dans ma nouvelle chambre, il est entré
Au moins une fois, il faisait noir,
Je nous voyais dans le miroir...
Comment ai-je pu ne rien montrer ?
Je devais garder le secret.
Il fallait être sage et gentille,
Une bonne petite fille.
Ce n'était pas si difficile,
C'était à l'école le plus facile :
Il fallait juste bien travailler,
Répondre ce que les grands voulaient.
Grâce aux copines, je riais et m'amusais.
J'aimais lire et rêvais pour m'évader.
J'me suis pas rendue compte
De l'importance de c'que j'cachais,
Et de l'horreur que je taisais.
Ce n'est que plus tard,
Quand est apparue la honte...